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Le juge aux affaires familiales, couramment abrégé JAF (et parfois appelé, à tort, « juge des affaires familiales »), est le juge du tribunal judiciaire spécialisé dans le droit de la famille. Il tranche les litiges liés au divorce, à l'autorité parentale, à la résidence des enfants, à la pension alimentaire et aux violences conjugales, et exerce également les fonctions de juge des tutelles des mineurs.

Qui est le Juge aux affaires familiales ?

Le JAF est un magistrat du tribunal judiciaire délégué aux affaires familiales. Sa compétence est fixée par l'article L. 213-3 du Code de l'organisation judiciaire : divorce et séparation de corps et leurs conséquences, liquidation et partage des intérêts patrimoniaux des époux, exercice de l'autorité parentale, obligations alimentaires et contribution à l'entretien des enfants.

Depuis 2010, il exerce aussi les fonctions de juge des tutelles des mineurs (article L. 213-3-1 du même code). Il tranche également les demandes de changement de prénom lorsque le procureur de la République s'est opposé à la demande faite en mairie.

C'est en principe un juge unique, mais l'article L. 213-4 du même code dispose que :

Le champ de compétence du JAF est particulièrement étendu :

Quel est le rôle du Juge aux affaires familiales ?

Avant le 1er janvier 2021, la démarche de divorce était caractérisée par deux phases successives qu'étaient la phase de tentative de conciliation et l'instance en divorce. Ce déroulement a néanmoins été modifié par la loi n° 2019-222 du 23 mars 2019. La phase de tentative de conciliation laisse désormais place à une audience dite d'orientation et sur mesures provisoires (AOMP) qui fait suite à l'introduction de l'instance.

C'est à l'occasion de cette AOMP que le JAF pourra prendre des mesures provisoires, celles-ci ayant pour fonction principale d'organiser au mieux la séparation des conjoints. À ce titre, le JAF aura la possibilité de prononcer un certain nombre de mesures dont on trouve une liste à l'article 255 du Code civil.

À noter :

  • Les règles anciennes continueront à s'appliquer chaque fois que le JAF a été saisi avant le 1er janvier 2021.
  • Le JAF garde une mission de conciliation entre les parties, qu'il ne peut pas déléguer à un conciliateur de justice (article 1071 du Code de procédure civile). Sauf si des violences sont alléguées ou en cas d'emprise manifeste, il peut leur proposer une médiation ou leur enjoindre de rencontrer un médiateur familial pour une réunion d'information (articles 255 et 373-2-10 du Code civil).

Le JAF est également compétent pour prendre des mesures de protection en tout genre.

Par exemple, parfois, lorsque l'urgence le nécessite, le JAF peut délivrer une ordonnance de protection destinée à être utilisée en cas de violences au sein du couple. Celle-ci peut par ailleurs être utilisée en cas de risque de mariage forcé.

À ce titre, il pourra notamment déterminer des droits de visite et d'hébergement ou encore fixer le montant de la contribution à l'entretien et à l'éducation des enfants par exemple.

La filiation fait naître des obligations pécuniaires et donne naissance à des obligations alimentaires.

Dès lors, certaines personnes peuvent être contraintes par le JAF à apporter leur soutien financier à des ascendants et descendants.

Le JAF intervient aussi sur certaines questions de prénom et de nom.

La demande de changement de prénom se fait en mairie, auprès de l'officier de l'état civil ; le juge aux affaires familiales n'est saisi, avec un avocat, que si le procureur de la République s'y oppose. Le changement de nom se fait, lui, par déclaration en mairie ou par décret ; le JAF tranche seulement certains désaccords, par exemple celui des parents sur le nom d'usage d'un enfant mineur.

JAF, juge des enfants, juge des contentieux de la protection : qui fait quoi ?

Ces trois juges sont souvent confondus, mais ils n'interviennent pas dans les mêmes situations.

Juge Rôle Quand le saisir
Juge aux affaires familiales Litiges familiaux entre adultes : divorce, autorité parentale, pension alimentaire, ordonnance de protection Séparation, désaccord parental, violences au sein du couple
Juge des enfants Protection d'un mineur en danger (assistance éducative) et justice pénale des mineurs Enfant en danger, signalement
Juge des contentieux de la protection Protection juridique des majeurs vulnérables : tutelle, curatelle (ancien « juge des tutelles » des majeurs) Proche âgé ou handicapé à protéger
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Devenir juge aux affaires familiales : formation et rémunération

Le juge aux affaires familiales est un magistrat du siège formé à l'École nationale de la magistrature (Bordeaux), accessible sur concours après un Master 1 de droit, ou par les voies de recrutement latéral ouvertes aux juristes expérimentés et aux fonctionnaires. Son salaire suit la grille indiciaire de la magistrature : environ 3 900 € net mensuels en début de carrière et près de 8 500 € net en fin de carrière (chiffres du ministère de la Justice, 2026). Comme les autres magistrats, il peut ensuite changer de fonction au fil de sa carrière (parquet, présidence de chambre ou de tribunal).

Comment saisir le juge aux affaires familiales ?

Le JAF territorialement compétent est en principe celui du tribunal judiciaire du lieu de résidence de la famille ; lorsque les parents vivent séparément, c'est celui du lieu de résidence du parent avec lequel vivent habituellement les enfants mineurs, ou, à défaut d'enfant mineur, celui du domicile du défendeur (article 1070 du Code de procédure civile). Si le litige porte seulement sur une pension alimentaire, la contribution à l'entretien des enfants ou la prestation compensatoire, le juge du lieu de résidence de l'époux créancier ou du parent qui a principalement la charge des enfants peut aussi être saisi. En cas de demande conjointe, les parties choisissent le lieu de résidence de l'une ou de l'autre.

La saisine se fait par assignation ou par requête : le divorce et la séparation de corps sont introduits par assignation ou par requête conjointe des deux époux ; les demandes relatives à l'autorité parentale ou à la pension, hors divorce, par assignation ou par requête ; l'ordonnance de protection, par requête. Le ministère d'avocat est obligatoire en matière de divorce, de séparation de corps et de liquidation du régime matrimonial ; il est en revanche facultatif pour les demandes relatives à l'autorité parentale et à la contribution à l'entretien des enfants, où les parties peuvent se présenter seules.

Faire appel d'une décision du JAF

Les jugements du juge aux affaires familiales peuvent être frappés d'appel dans le délai d'un mois à compter de leur signification. Ce délai est réduit à quinze jours pour l'ordonnance sur mesures provisoires rendue dans une procédure de divorce (à compter de sa signification), pour l'ordonnance de protection, pour les ordonnances de référé et pour les décisions rendues en matière de tutelle des mineurs. Les autres ordonnances rendues en cours de procédure ne peuvent en principe être contestées qu'avec le jugement sur le fond. L'appel est porté devant la cour d'appel, où la représentation par avocat est obligatoire, sauf en matière de tutelle des mineurs. Attention : l'appel n'est pas suspensif pour les mesures relatives aux enfants et à la pension, qui restent applicables tant que la cour n'a pas statué.

Vous devez saisir le juge aux affaires familiales, contester une décision ou simplement faire le point sur vos droits ? Le Cabinet DAF Darmon Avocats Famille vous accompagne à chaque étape ; appelez le 01 56 68 11 45 ou faites-vous rappeler par un avocat.

Vos questions

Juge aux affaires familiales : les questions les plus posées

  1. L'appel se forme dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement, en pratique sa signification par commissaire de justice, devant la cour d'appel, où l'avocat est obligatoire. La déclaration d'appel doit viser précisément les points du jugement critiqués : la cour ne rejuge que ceux-là. Elle réexamine les faits comme le droit, et l'on peut lui présenter de nouveaux arguments et de nouvelles pièces à l'appui de ses demandes. Le délai étant court, mieux vaut faire analyser le jugement dès sa réception.

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    Lire la partie détaillée : « Qui est le Juge aux affaires familiales ? » →

  2. Oui. Les décisions du juge aux affaires familiales sur la résidence de l'enfant, la résidence alternée, le droit de visite ou la pension peuvent être portées devant la cour d'appel dans le délai d'un mois (quinze jours pour une ordonnance de mesures provisoires), avec un avocat. Elles s'appliquent toutefois pendant l'appel, car elles sont exécutoires de droit à titre provisoire. La cour statue selon l'intérêt de l'enfant, au vu des éléments produits, sans issue garantie. Si la situation a changé depuis la décision, on peut aussi saisir à nouveau le juge aux affaires familiales.

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  3. Oui, mais le délai est plus court : l'ordonnance sur mesures provisoires rendue dans une procédure de divorce peut être frappée d'appel dans les quinze jours de sa signification, et non dans le mois. L'appel se fait par avocat devant la cour d'appel et ne suspend pas les mesures, qui continuent de s'appliquer. Si un fait nouveau survient ensuite, le juge peut aussi être saisi pour supprimer, modifier ou compléter ces mesures en cours de procédure.

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  4. Oui, elle s'applique : les mesures sur l'autorité parentale, la pension alimentaire, la contribution à l'entretien de l'enfant et les mesures provisoires du divorce sont exécutoires de droit malgré l'appel. Le premier président de la cour d'appel peut arrêter cette exécution provisoire, mais seulement s'il existe un moyen sérieux de réformation et un risque de conséquences manifestement excessives. En cas de fait nouveau pendant l'appel d'un divorce, une modification peut être demandée au conseiller de la mise en état. Cesser de payer expose au délit d'abandon de famille.

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  5. En principe non : l'acceptation du principe de la rupture du mariage n'est pas susceptible de rétractation, même par la voie de l'appel. La Cour de cassation admet seulement sa remise en cause en cas de vice du consentement, qu'il faut alors prouver. L'appel reste en revanche possible sur les conséquences du divorce : prestation compensatoire, résidence et pension des enfants, logement, date des effets du divorce entre les époux.

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  6. Après l'arrêt d'appel, le recours habituel est le pourvoi en cassation, à former dans les deux mois de sa signification, par un avocat au Conseil d'État et à la Cour de cassation. La Cour de cassation ne rejuge pas les faits : elle vérifie seulement que la cour d'appel a correctement appliqué le droit. En matière de divorce, le délai et le pourvoi suspendent le prononcé du divorce, mais pas les mesures sur les pensions, la contribution à l'entretien des enfants et l'autorité parentale.

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    Lire la partie détaillée : « La compétence du JAF en matière de divorce » →

  7. Un jugement, une convention homologuée par le juge ou une convention de divorce déposée chez un notaire s'impose aux deux parents, père comme mère. Si l'enfant n'est pas remis, une plainte pour non-représentation d'enfant est possible (article 227-5 du Code pénal). Le juge aux affaires familiales peut aussi être ressaisi pour préciser ou modifier les mesures et assortir sa décision d'une astreinte. Chaque manquement gagne à être documenté (SMS, mains courantes, constats). Sans décision de justice, il faut d'abord saisir ce juge pour fixer la résidence et le droit de visite.

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  8. Les décisions du juge aux affaires familiales peuvent être contestées devant la cour d'appel (chambre de la famille), puis, en dernier recours, devant la Cour de cassation. Au sein du tribunal judiciaire, le JAF dépend administrativement du président du tribunal, mais il reste indépendant et juge seul les affaires qui lui sont soumises. Le procureur de la République n'est pas son supérieur : il donne un avis dans certaines matières (autorité parentale, ordonnance de protection) sans pouvoir lui imposer sa décision.

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  9. Le terme exact est « juge aux affaires familiales » (JAF), employé par le Code de l'organisation judiciaire. La formule « juge des affaires familiales » est courante à l'oral mais impropre. Il n'existe pas non plus de « tribunal des affaires familiales » : le JAF est une fonction spécialisée au sein du tribunal judiciaire.

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  10. L'avocat est obligatoire pour le divorce, la séparation de corps et la liquidation du régime matrimonial. Il est facultatif pour les demandes relatives à l'autorité parentale, au droit de visite et à la pension alimentaire des enfants : les parents peuvent alors se présenter seuls, mais l'assistance d'un avocat reste vivement conseillée pour la rédaction des demandes et la constitution des preuves.

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