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Pouvez-vous vendre sans l'accord de votre conjoint ?

La réponse dépend de votre situation, de la nature du bien et de la position de votre conjoint. Répondez à ces trois questions pour connaître la règle qui s'applique et, le cas échéant, l'exception qui peut vous permettre de vendre.

Le sort des biens immobiliers dans le cadre d'une procédure de divorce est une question essentielle, quel que soit le fondement du divorce (divorce par acceptation, divorce pour altération définitive du lien conjugal, divorce pour faute ou divorce par consentement mutuel).

Comment divorcer avec un bien immobilier ?
Divorce et refus de vendre la maison : que faire ?

Pour répondre à ces deux questions, il faut d'abord savoir dans quelle situation se trouve le bien :

Vendre un bien propre : en principe, une vente libre

Qu'est-ce qu'un bien propre ?

L'article 1405 alinéa 1er du Code civil dispose :

Ainsi, est notamment considéré comme un bien propre un bien acquis avant le mariage, ou pendant le mariage par succession, donation ou legs. Un bien acheté pendant le mariage avec des fonds propres (héritage, prix de vente d'un bien propre) reste lui aussi propre lorsque l'acte d'achat le déclare (clause d'emploi ou de remploi, article 1434 du Code civil).

Le propriétaire peut-il vendre sans l'accord de son conjoint ?

En principe, oui : le conjoint seul propriétaire d'un bien propre peut décider seul de le vendre, sans que l'autre puisse s'y opposer ni qu'il ait à fournir son accord. Il existe toutefois deux exceptions.

Les exceptions à la vente libre du bien propre

La première exception découle du régime matrimonial pour lequel ont opté les époux dans leur contrat de mariage.

Icône contrat de mariage

Le régime de la communauté universelle

Sous le régime de la communauté universelle, tous les biens des époux, y compris ceux possédés avant le mariage ou reçus par succession, sont en principe communs, sauf clause contraire du contrat de mariage.

Icône protection du logement familial

La protection du logement familial

La seconde exception est celle concernant le domicile conjugal, aussi appelé le logement familial, qui bénéficie d'une protection particulière conformément à l'article 215 du Code civil qui dispose : « Les époux s'obligent mutuellement à une communauté de vie. La résidence de la famille est au lieu qu'ils choisissent d'un commun accord. Les époux ne peuvent l'un sans l'autre disposer des droits par lesquels est assuré le logement de la famille, ni des meubles meublants dont il est garni. Celui des deux qui n'a pas donné son consentement à l'acte peut en demander l'annulation : l'action en nullité lui est ouverte dans l'année à partir du jour où il a eu connaissance de l'acte, sans pouvoir jamais être intentée plus d'un an après que le régime matrimonial s'est dissous. » Cette exception ne s'applique néanmoins qu'à la résidence principale et aux couples mariés.

Dans ces deux hypothèses, le bien immobilier ne peut pas être vendu par un seul époux sans l'accord de l'autre, sauf autorisation du juge (article 217 du Code civil).

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Vendre un bien commun : l'accord des deux époux

Qu'est-ce qu'un bien commun ?

Les biens communs sont définis par l'article 1401 du Code civil :

Sous le régime de la communauté légale, un bien acquis pendant le mariage est donc en principe commun, quel que soit l'époux qui l'a acheté. Il reste toutefois propre s'il a été reçu par succession, donation ou legs, ou s'il a été acheté avec des fonds propres (héritage, prix de vente d'un bien propre) et que l'acte d'achat le déclare (clause d'emploi ou de remploi, article 1434 du Code civil), à condition que la communauté n'ait pas payé la plus grande part du prix (article 1436).

Le principe : le consentement des deux époux

Contrairement au bien propre, un bien commun ne peut être vendu qu'avec le consentement des deux époux. Dans le cadre d'un divorce, la vente s'inscrit dans le partage du régime matrimonial. En cas de désaccord sur l'estimation de la maison, une expertise peut être ordonnée pour fixer sa valeur.

Rappelons que dans le cadre d'un divorce, il est nécessaire d'effectuer la partage du régime matrimonial, ce qui inclut la liquidation du patrimoine.

Les époux peuvent décider :

Les options des époux propriétaires

Trois issues sont possibles pour les époux propriétaires d'un bien commun.

01

La convention d'indivision

Les époux peuvent rester tous deux propriétaires du bien immobilier en rédigeant une convention d'indivision devant notaire.

02

Le rachat de la part de l'autre

L'un peut racheter la part de l'autre en rédigeant un état liquidatif également devant notaire.

03

La vente conjointe du bien

Les époux peuvent décider de vendre ensemble le bien.

Il existe néanmoins une exception.

L'exception : la vente autorisée par le juge

Un époux pourra être autorisé à vendre le bien immobilier commun sans l'accord de son conjoint dans l'une des deux hypothèses de l'article 217 du Code civil, à savoir :

Les deux hypothèses de l'article 217

L'une ou l'autre de ces hypothèses suffit pour que l'autorisation judiciaire soit accordée.

01

Conjoint hors d'état de manifester sa volonté

Le conjoint est hors d'état de manifester sa volonté (incapacité médicale, absence, éloignement).

02

Refus non justifié par l'intérêt de la famille

Le conjoint refuse la vente et ce refus n'est pas justifié par l'intérêt de la famille.

L'arrêt de la Cour de cassation du 9 septembre 2015

Cette hypothèse a été précisée par la jurisprudence de la Cour de cassation.

Dans un arrêt du 9 septembre 2015 (1re chambre civile, n° 14-11.901), la Cour de cassation a jugé que le juge doit apprécier le refus du conjoint au jour où il statue.

2015

Arrêt de la 1re chambre civile de la Cour de cassation.

Ainsi, si l'un des époux souhaite vendre le bien immobilier et que l'autre époux s'y oppose, le premier époux peut saisir le Juge aux affaires familiales du tribunal judiciaire compétent, sur le fondement de l'article 217 du Code civil :

  • la demande est portée par requête aux fins d'être autorisé à vendre seul ledit bien ;
  • lorsqu'elle vise à passer outre le refus du conjoint, elle suit les règles de l'assignation à jour fixe ; le conjoint est entendu et l'affaire est jugée en chambre du conseil (articles 1286 et 1287 du Code de procédure civile).
Procédure judiciaire de vente d'un bien immobilier commun

Récapitulatif : bien propre ou bien commun

Nature du bienRègleExceptions / recours
Bien propre (acquis avant le mariage, ou par succession, donation, legs, ou avec des fonds propres déclarés dans l'acte) Vente libre par le seul époux propriétaire Accord des deux époux exigé si : bien devenu commun par le contrat de mariage (communauté universelle) ; ou bien servant de logement de la famille (article 215 du Code civil)
Bien commun (acquis pendant le mariage, hors succession, donation, legs et achat avec des fonds propres déclarés dans l'acte) Consentement des deux époux Autorisation du juge de vendre seul (article 217) si le conjoint est hors d'état d'exprimer sa volonté, ou si son refus n'est pas justifié par l'intérêt de la famille

Vendre sans l'accord du conjoint : les questions fréquentes

En principe oui : l'époux seul propriétaire d'un bien propre (acquis avant le mariage, reçu par succession, donation ou legs, ou acheté avec des fonds propres déclarés dans l'acte d'achat) peut le vendre librement. Deux exceptions : si les époux ont choisi la communauté universelle, qui rend en principe tous leurs biens communs, et surtout si le bien constitue le logement de la famille, protégé par l'article 215 du Code civil, qui impose l'accord des deux époux.

Non. La vente d'un bien commun exige le consentement des deux époux. À défaut d'accord, l'époux qui souhaite vendre peut demander au juge une autorisation de vendre seul sur le fondement de l'article 217 du Code civil.

L'article 217 du Code civil permet de saisir le juge pour être autorisé à vendre seul dans deux hypothèses : lorsque le conjoint est hors d'état de manifester sa volonté, ou lorsque son refus n'est pas justifié par l'intérêt de la famille. L'acte passé dans les conditions fixées par le juge est opposable à ce conjoint.

Un bien commun ne peut pas être vendu sans l'accord des deux époux. Deux voies : demander au juge, sur le fondement de l'article 217 du Code civil, l'autorisation de vendre seul si le refus n'est pas justifié par l'intérêt de la famille ; ou attendre la liquidation du régime matrimonial et demander la licitation, c'est-à-dire la vente aux enchères du bien indivis, que le juge peut ordonner lorsque le partage en nature est impossible.

En principe non : un bien indivis ne se vend qu'avec l'accord de tous les indivisaires (article 815-3 du Code civil). La loi prévoit des exceptions d'application étroite, notamment lorsque le refus met en péril l'intérêt commun (article 815-5) ou lorsque des indivisaires détiennent au moins deux tiers des droits (article 815-5-1), ce qui suppose des parts inégales. À défaut, l'autre doit demander au juge le partage de l'indivision : le juge peut alors ordonner la vente aux enchères du bien (licitation) lorsqu'il ne peut être commodément partagé en nature (article 1377 du Code de procédure civile).

Une fois le divorce prononcé, le bien qui n'a pas été partagé reste en indivision entre les ex-époux. L'article 217 ne s'applique plus. La voie habituelle est le partage judiciaire (article 815 du Code civil et article 1361 du Code de procédure civile) : si aucun ex-époux ne rachète la part de l'autre et que le partage en nature est impossible, le tribunal ordonne la vente par licitation (vente aux enchères), le prix étant réparti selon les droits de chacun. Le juge peut aussi autoriser un ex-époux à vendre seul si le refus de l'autre met en péril l'intérêt commun, ou en cas d'urgence si l'intérêt commun l'exige (articles 815-5 et 815-6 du Code civil).

Oui. L'article 217 du Code civil permet de demander au juge l'autorisation de vendre seul un bien commun lorsque le refus de l'autre époux n'est pas justifié par l'intérêt de la famille, sans avoir à prouver une urgence. La demande est portée par requête devant le juge aux affaires familiales et suit, lorsqu'elle vise à passer outre un refus, la procédure à jour fixe, qui permet d'obtenir une date d'audience rapprochée (articles 1286 et 1287 du Code de procédure civile). L'acte passé dans les conditions fixées par le juge est opposable à l'époux qui n'a pas consenti.

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